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Maloya expérimental

La Réunion est riche d’une culture métissée, singulière et créative. Ce n’est rien de le dire, il faut l’entendre. Créé par le chanteur et compositeur charismatique Carlo De Sacco en 2006, le quintet si bien nommé Grèn Sémé s’en charge.

Assimilant l’héritage culturel du passé, c’est dans le sillon laissé par ses ainés (Alain Peters, Danyel Waro, Davy Sicard) que le groupe Grèn Sémé, plante pour épicer le paysage musical actuel une graine de maloya, ce blues ternaire africain de l’île de la Réunion. Il l’arrose généreusement de guitare électrique et de claviers analogiques, la nourrit d’influences world, electro, dub. Pour terreaux, du folk psyché, pour tuteur, les textes de Carlo De Sacco qui armé de son hochet, le kayamb, mêle poétiquement dans des textes engagés un français qu’il retravaille à sa manière et la douceur intrinsèque du créole réunionnais…

Lorsqu’il y a dix ans, Carlo De Sacco réunit des amis musiciens, c’est pour un projet musical ancré dans le terreau culturel de l’Océan Indien et qui entend bien être de son temps : « En 2006, j’ai créé le groupe avec 5 autres amis, dont 4 Réunionnais, qui étaient, tout comme moi, en manque du pays. On a voulu rendre hommage à nos racines et revenir en force à La Réunion avec la tradition du maloya. Mais selon moi, les traditions qui n’évoluent pas meurent. Je ne dis pas qu’elle n’existerait pas sans qu’on la fasse évoluer, mais on aime notre tradition et on veut la faire vivre. Pour arriver à ça, on a notre laboratoire où l’on teste, on expérimente. C’est là qu’on fait évoluer le maloya, qu’on le mélange à d’autres styles musicaux pour le rendre plus moderne. Il y a tout à faire avec le maloya, parce que, bien qu’il possède une histoire très ancienne, il a été interdit jusque dans les années 80 à La Réunion, ce qui en fait un style musical relativement récent ».

Le choix musical revendiqué par Grèn Sémé est donc celui d’un « maloya expérimental ». C’est le choix d’une musique nourrie de tradition qui s’appuie solidement sur les rythmes ternaires traditionnels de l’Océan Indien, mais pour explorer de nouveaux horizons, découvrir de nouvelles textures. C’est un laboratoire où naît une musique mélangeant chanson et expérimentation, complainte et joie, révolte et douceur, qu’ils ont choisi d’appeler « maloya évolutif ».

La musique métissée du quintet aventurier aux multiples facettes  est un projet arc-en-ciel à l’image de son île, intense, et en devenir. L’univers de Grèn Sémé amène le maloya à transcender les frontières entre l’île de la Réunion et le monde. Il incarne la nouvelle génération vivifiante des artistes îliens, et ouvre de nouveaux horizons musicaux, des chemins d’avenir.

Quelques aventures scéniques et une avalanche de prix :

Découvertes Printemps de Bourges 2012 : le groupe remporte le Prix Alain Peters 2012.

Passages remarqués : Les Francofolies de La Rochelle, Babel Med (Marseille), Printemps de Bourges, Musée du Quai Branly, Pireneos Sur, Fiestas des Suds, Visa For Music (Rabat), Studio de l’Ermitage, Emission Couleurs du Monde (Françoise Degeorges, France Musique)…

Ile de la Réunion : Iomma, Sakifo Festival, Festival Zétinsèl, Le Kabardock, Le Séchoir, Le Palaxa, le Théatre de Champs-Fleuri, Le Théatre Sous Les Arbres, Le Théatre Luc Donat, La Ronda,…

jeudi 13 octobre

L’Atalante 21h – Concert Grèn Sémé, Maloya Electrique / World / Slam / Dub de la Réunion

« Au sein du quintet de Grèn Sémé, le songwriter Carlo de Sacco plaide pour un maloya “évolutif” : des chansons-poèmes franco-créoles en douce fusion tropicale, épicées de slam et d’éffluves cubains, où le hochet kayamb et l’arc bobre tissent avec le piano et la basse des climats tour à tour jazz, rock et électro… De quoi glaner les hommages aussi bien en métropole qu’à la Réunion (prix Alain Peters 2012 au Sakifo) »
Anne Berthod, Télérama,