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Baigorri, récit d’un répit

Le 20 novembre 2015, près de 50 migrants sont accueillis à Baigorri. Ils ont quitté Calais après avoir quitté l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan, le Soudan, l’Erythrée. Tous des hommes. Ils sont accueillis pour l’hiver dans le cadre d’un dispositif relayé par la Préfecture. Incités (sans obligation) à accepter l’accueil qui leur est proposé, ils sont invités (sans obligation) à renoncer à leur rêve d’Angleterre et à demander l’asile en cette terre d’accueil.

Souvenez-vous, le climat était délétère. Des villes proposaient l’accueil, d’autres protestaient. On entendait qu’à Biscarosse, des migrants avaient dû être protégés des habitants par les policiers.

Mais à Baigorri, il se passe autre chose. Ce village, unanime, fabrique une espérance. C’est peu, sans doute, mais ça change tout. L’écrivain Marie Cosnay a participé de cette aventure. Elle a pris note. Elle a écouté les personnes impliquées dans cette aventure d’hospitalité. Elle a éprouvé la joie qui se répandait: il fallait « tenir à ça, écrit-elle, se tenir à ça, à la joie qui se répandait, une joie contre les terreurs et les resserrements ». Et le miracle se produit.

Le 31 janvier, les migrants entendent remercier les habitants de Baigorri et les bénévoles qui se sont mobilisés au long de l’hiver. Ils proposent en partage cette part d’eux-mêmes, intime, qui se dédie à la musique et à la danse. Une manière de dire merci, et de dire aussi « nous sommes riches de cette culture qui vit en nous ». Ce fut donc une Fête interculturelle, tout une journée de joie en partage, de larmes, de rires, de partage. Pour que l’espérance ne meure pas, et parce que l’écoute de l’autre est au centre de l’engagement musicien, nous avons placé le récit de ce partage au cœur de notre festival.

En ouverture du concert 99, Nicolas Marsan donnera lecture de quelques extraits de Jours de répits à Baigorri de Marie Cosnay (éd. Créaphis).