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  /  Fête de la Science CNRS Hendaye (II) – Paysage Sonoro d’Ushuaia

Fête de la Science CNRS Hendaye (II) – Paysage Sonoro d’Ushuaia

Dates et lieux(1)

  • Samedi 12 octobre

    22.30 - 23.00

    Hendaye, Salle Antoine d'Abbadie, Sokoburu
    Entrée Libre

L’événement

22h30 – 23h Paysage sonoro d’Ushuaia

Joaquin Cofreces est né en 1975 à Buenos Aires, en Argentine, mais il a vécu la plus grande partie de sa vie à Ushuaia, en Terre de Feu. Quand il était enfant les radios en ondes courtes lui apportaient les sons du monde qu’il écoutait, les yeux fermés.

Depuis 1995 il créée des installations sonores dans des lieux différents mélangeant l’art sonore avec d’autres expressions  comme la peinture, le théâtre et la photographie. Il a grandi dans une petite ville sur une île, sans formation universitaire, ni influences. Ses productions radiophoniques essayent toujours d’expérimenter de nouvelles techniques d’écriture. Collectionneur, il emporte toujours pendant ses voyages un enregistreur au lieu plutôt qu’une caméra. Journaliste intuitif, il conçoit la radio comme un espace d’expérimentation

 

Entretien avec Joaquín Cófreces, compositeur

Vous êtes né à Buenos Aires, vous vivez à Ushuaia : comment décide-t-on de quitter Buenos Aires pour Ushuaia quand on est habité par la musique ?

Ce n’est pas exactement comme ça que les choses se sont passées. Je suis arrivé à Ushuaia à l’âge de 7 ans avec ma famille. Enfant, dans les jours sombres de l’hiver, je me couchais et j’écoutais des radios à ondes courtes qui émettaient depuis d’autres endroits du monde. Et alors mon imagination voyageait : de quoi pouvaient-ils parler « là-bas » ? d’où ces sons venaient-ils ? comment était le paysage qui les entoure ? Pour moi, le son, c’est donc la radio, depuis toujours. J’ai donc décidé de m’y investir pleinement et, depuis 25 ans, j’expérimente le son de toutes les manières possibles. Et donc, plutôt qu’être habité par la musique, je dirais que je suis habité par le son, et que je vis à Ushuaia parce que c’est ici que je construit une « narration sonore » à laquelle s’identifie mon travail. Dans mes constructions, j’enregistre des paysages sonores, mais je me sers aussi de la musique électroacoustique, du drame radiophonique, des ressources de l’audiovisuel, des installations, etc.

Vous avez aussi travaillé à Paris, à l’IRCAM de Pierre Boulez ?

Je n’y ai pas travaillé car mes créations ne sont pas des créations de musique électroacoustique intégrale. En travaillant sur le son des paysages, on pourrait dire que je fais plutôt de la  musique concrète, au sens que lui donnait le compositeur Pierre Schaeffer, c’est-à-dire une musique « constituée à l’aide d’éléments préexistants, empruntés à n’importe quel matériau sonore ». Pour moi, c’est beaucoup la nature de la Terre de Feu. Pour répondre à votre question, je suis autodidacte, je n’ai donc pas fait d’études à l’IRCAM. Mais en 2008, j’ai remporté le Prix International Phonurgia Nova, et la conséquence de ce prix fut que mon travail a effectivement été présenté à l’IRCAM. C’était en 2011 et la pièce s’appelait The Last Voice. [voir encadré]

Quels sont les outils informatiques dont vous disposez pour composer ?

J’accorde beaucoup d’importance à l’enregistrement direct, à l’enregistrement sur le terrain. Ce qui me passionne, c’est l’étude des espaces et de la façon dont le son se manifeste et se propage. J’utilise donc différents microphones selon les besoins de la narration que j’essaie de construire, parfois je me sers d’un boom en mono, d’autres fois c’est en stéréo XY et dans d’autres cas je travaille avec un ambisonique. C’st ce qui fait que ceux qui écoutent mes œuvres ont l’impression d’être plongés « au cœur des paysages » que j’enregistre.

Sur le terrain, l’emplacement des microphones détermine l’intention, le point d’écoute, l’enregistrement ou les différents plans…… Je classe les sons que j’enregistre et je les imagine ensuite dans script. C’est alors, une fois que j’ai tous les sons avec lesquels je veux travailler, que commence la phase de montage dans laquelle j’utilise Logic mais j’ai aussi utilisé d’autres logiciels.

À quoi ressemble la vie d’un compositeur à Ushuaia ?

D’une part j’ai un travail technique de son audiovisuel à la télévision locale, en même temps je fais des productions pour des radios publiques de différents endroits du monde. J’essaie de voyager, de quitter l’île autant que je peux, je donne des présentations et des ateliers dans différentes villes, à Bayonne par exemple ! J’ai toujours un magnétophone sur moi lors de mes voyages. J’enregistre toujours, et partout, et ces sons sont la « matière première » de mes productions à venir.

Je dois dire que la Terre de Feu est un endroit fascinant pour enregistrer des paysages sonores, j’adore sortir pour contempler et enregistrer l’environnement qui m’entoure. Ici, la nature est diverse dans sa sonorité.

Dans mes œuvres, les enregistrements sur le terrain sont mélangés avec des sons enregistrés en studio, afin de stimuler l’imagination des auditeurs. Raconter des histoires avec des sons implique en effet un défi narratif, une recherche musicale pour embarquer les auditeurs dans l’aventure d’une écoute inédite.

Quel est votre rôle à la radio ? Comment peut-on maintenir ensemble activité radiophonique et création artistique ?

Je travaille actuellement à la télévision. Mes dernières productions radiophoniques étaient pour la radio allemande Kultur d’Allemagne et Abc d’Australie. J’aime penser la narration sonore comme une possibilité applicable à différentes plates-formes de communication au-delà de la radio. Donc, je diffuse aussi sur Internet, je fais des installations, des présentations en direct, et je travaille aussi pour le théâtre ou pour des expositions photographiques.

Pourquoi Ushuaia ?

Parce que c’est inhospitalier. À cause aussi de son paysage, de sa nature, à cause des contrastes intenses de la lumière et de l’obscurité, à cause de ses silences. Et puis sans doute aussi parce que c’est ici que j’ai grandi et c’est ici que ma fille est née. On peut donc dire que je suis d’ici, mais je me sens avant tout citoyen du monde.

Être à l’écoute des environnements sonores, est-ce un mode vie ? 

Absolument. La conscience acoustique nous permet de découvrir des détails impossibles avec d’autres sens. L’écoute nous plonge dans un monde où le langage est essentiellement émotionnel. Découvrir le paysage sonore qui nous entoure nous aide à mieux comprendre notre environnement et donc, aussi, nous-même.

Entretien réalisé par Denis Laborde

Joaquin Cofreces

 

« The Last Voice » de Joaquin Cofreces (Terre de feu)

7 min – Prix Phonurgia Nova 2008

C’est une oeuvre taillée dans les sons bruts de la Terre de feu : vagues, vent et vibrations, pour raconter la mort des Yaghans et du yaghan, peuple et langue de ce bout du monde. Une pièce qui utilise le réel pour emmener vers l’imaginaire. On est ici dans le sonore, pas dans le discours (Hervé Marchon, Libération)

Intervenants