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Haizebegi
  /  Film : Pour Sama

Film : Pour Sama

Dates et lieux(1)

  • Vendredi 11 octobre

    20.00 - 22.00

    Cinéma L'Atalante, Bayonne
    Tarification spécifique (voir sur place)

L’événement

20h – Pour Sama (Syrie, 2019, 95 min., VOST), Waad al-Kateab & Edward Watts, Œil d’Or du Festival de Cannes 2019

Quand le conflit en Syrie commence en 2012, Waad al-Kateab est une simple étudiante d’Alep. Quatre ans plus tard, elle fait partie des derniers survivants avant que la ville ne tombe aux mains des forces de Bachar al-Assad en décembre 2016. A ce moment précis, elle est mariée, maman d’une petite fille et enceinte d’un second enfant. Elle est connue sur Internet pour ses reportages déchirants sur la situation en Syrie. Il s’agit d’une lettre d’amour à sa fille, née en janvier 2016, et retraçant l’année la plus noire et meurtrière du conflit.

«For Sama» tient en Alep 

Libération, 17 mai 2019 

Siège. Plongée avec les rebelles au cœur du conflit syrien jusqu’à la chute de la ville.

Plus encore qu’un documentaire, For Sama, réalisé par le Britannique Edward Watts et la Syrienne Waad al-Khateab, essentiellement à partir d’images tournées par Al-Khateab à Alep entre 2011 et 2016, est un manifeste. Il embrasse les cinq années qu’auront duré le soulèvement contre Bachar al-Assad, puis le long et tragique siège de la ville par le régime syrien et l’aviation russe. Etudiante lors des premières manifestations contre Al-Assad, Al-Khateab s’engage dans la rébellion et se met à tourner pour témoigner de la situation – ses reportages ont souvent été primés à l’international. Des premiers élans de liberté au pilonnage de la ville et ses civils, elle a beaucoup filmé (à quoi s’ajoutent des plans réalisés au drone) et mis en forme For Sama telle une lettre à l’attention de sa fille née au milieu du conflit.

Le début du film est particulièrement marquant : en gros plan, le bébé babille joyeusement, attrape ses pieds, sourit à ce que l’on devine être sa mère, lorsque fait irruption une violence totalement inattendue, des fortes détonations, puis une fuite éperdue, caméra affolée à la main, dans un hôpital, des flammes s’échappant au fond d’un couloir. C’est parmi ce qu’on a vu de plus poignant sur l’horreur d’un tel conflit pour des civils, sans doute car la caméra n’est pas là pour prendre acte, comme généralement, d’une tragédie advenue, mais qu’elle la vit dans ce qu’elle a de plus proche et quotidien. En l’occurrence, la chute d’un obus sur l’hôpital autonome créé par le mari d’Al-Khateab, le dernier en zone rebelle avant la reprise d’Alep, où le couple s’était installé pour être proche des blessés. C’est depuis ce point de vue, aux premières loges de la souffrance, qu’Al-Khateab a tourné, s’échappant parfois dans la ville, chez des amis, dernier carré de résistants jusqu’au-boutistes abandonnés par le monde. Si le film s’adresse à Sama, afin d’expliciter la décision de ne pas fuir malgré le danger, il vise très certainement aussi le public occidental resté bras croisés devant le massacre. On pourrait faire pas mal de reproches – scénarisation excessive, voix off écrite a posteriori, musique grandiloquente dont les images se seraient bien passées – et peut-être sont-ils à adresser à ses nombreux producteurs anglo-saxons. Mais son orientation marquée fait aussi de For Sama, en creux, une fascinante étude sur l’héroïsme, sa nécessaire part d’autopersuasion militante incluse, telle que l’on n’en voit plus par ici depuis la chute des grandes utopies. Sur un conflit déjà très documenté, il présente la rare qualité, chère à Walter Benjamin, d’être écrite non pas du point de vue des victimes (ni a fortiori des vainqueurs), mais de celui des vaincus.