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  /  Rencontre Création artistique et réappropriation culturelle

Rencontre Création artistique et réappropriation culturelle

Dates et lieux(1)

  • Dimanche 13 octobre

    11.00 - 13.00

    Musée Basque, Bayonne
    Entrée libre

La création artistique au service de la réappropriation culturelle, avec Joaquín Cófreces (compositeur), Federico Vladimir Pezdirc & Pablo Esbert Lilienfeld (plasticiens), Lauriane Lemasson (ethnomusicologue), Pantxika Telleria (chorégraphe)

Les histoires officielles présentent les cultures Selk’nam et Yagán de la Terre de Feu comme des cultures disparues. Mais comment s’y prend-on pour décréter qu’une culture a disparu ? Il y a bien sûr le travail des intérêts partisans et des motifs particuliers, la privatisation des terres est un mouvement qui s’accommode plutôt bien des disparitions des peuples. Mais il y a aussi le travail des ethnologues et le travail des politiques. Cette rencontre propose d’interroger le travail des artistes : comment leur engagement peut-il permettre un renouvellement des questions liées à la préservation des vieilles cultures de notre terre ? Comment la création artistique peut-elle participer au renouveau culturel d’une culture menacée ? Et comment rendre à une langue dévalorisée la force créatrice qui est en elle ? Nous allons évoquer ce thème avec cinq jeunes créateurs qui évoluent dans des contextes très différents : Joaquín Cófreces (compositeur, Ushuaia), Federico Vladimir Pezdirc & Pablo Esbert Lilienfeld (plasticiens, Bruxelles), Lauriane Lemasson (ethnomusicologue, Paris), Pantxika Telleria (chorégraphe, Pays Basque)

Les Trésors Humains, un programme de l’UNESCO (1993-2003)

Ce programme assez curieux fut établi en 1993, puis arrêté au moment de la mise en œuvre de la Convention de 2003 sur le Patrimoine Culturel Immatériel. Le programme Trésors humains vivants avait pour objectif d’encourager les États membres à accorder une reconnaissance officielle à des détenteurs de la tradition et des praticiens talentueux, ainsi qu’à assurer la transmission de leurs connaissances et savoir-faire aux jeunes générations. Les États sélectionnaient de telles personnes sur la base de leurs réalisations et de leur volonté à transmettre leurs connaissances et savoir-faire aux autres. La sélection se fondait également sur la valeur des traditions et expressions concernées en tant que témoignage du génie créateur humain, ainsi que sur leur enracinement dans les traditions culturelles et sociales, leur caractère représentatif pour une communauté donnée et le risque de les voir disparaître. Cristina Calderón reçut cette distinction de l’UNESCO qui célébrait en elle la dernière locutrice de langue Yagán. Voici l’hommage que lui rendit la presse locale au mois d’août 2015.

Vibrant hommage de l’Université de Magallanes à Cristina Calderón, représentante du peuple yagán

Source : Prensa Antartica Chilena https://prensaantartica.wordpress.com/2014/10/24/emotivo-homenaje-entrego-la-universidad-de-magallanes-a-tesoro-humano-vivo-del-pueblo-yagan/

Traduction française par le site Karukinka, 7 août 2015

Parmi ces activités d’anniversaire, l’Université de Magallanes organisa un hommage reconnaissant à la dernière locutrice de la langue yagán, Cristina Calderón. Photographie de Luisa Villablanca

Pour le 53ème anniversaire de l’Université de Magallanes (UMAG), le département régional des hautes études a rendu ce jeudi, un hommage mérité à Cristina Calderón, Trésor Humain Vivant du peuple yagán, et représentante de la culture « canoera » (nomades des canaux) de l’extrême sud du Chili.

La cérémonie s’est déroulée à l’Institut de la Patagonie, et a été conduite par le recteur de l’UMAG, Juan Oyarzo, accompagné de l’intendant de Magallanes y Antártica Chilena, Jorge Flies.

La plus grande autorité régionale félicite l’université pour cet « hommage mérité » attribué à Cristina Calderón.  “C’est en effet ce que nous devons faire en tant que communauté. Nous avons la chance d’avoir Cristina parmi nous. Nous sommes très heureux qu’elle ait pu venir accompagnée de sa fille et recevoir nos marques d’affection. Nous reconnaissons tous que cet hommage que nous lui faisons est important pour elle, reconnue Trésor Humain Vivant par l’UNESCO.”, signala l’intendant Flies.

Le chef du Gouvernement Régional considère comme un véritable cadeau de donner la possibilité à Cristina Calderon de s’exprimer dans sa langue maternelle. En ce sens, et pour préserver la langue yagán, Flies a annoncé qu’il avait commencé à solliciter le linguiste Oscar Aguilera, celui qui a réalisé de grands travaux sur la langue kawésqar, pour que soit fait, avec Calderon, un travail similaire au bénéfice de la sauvegarde de cette langue.

Pour sa part, le recteur de l’UMAG, Juan Oyarzo, s’est montré très ému à la fin de la cérémonie. “Je suis très touché d’avoir pu diriger cet événement et dire quelques mots à la abuela Cristina cet après-midi”, dit Oyarzo et ajouta “Il est bon de rendre ces hommages tant qu’elle est en vie, mais nous avons aussi un sentiment de culpabilité d’une époque où les gens ne réalisaient pas les conséquences de leurs actes contres les personnes appartenant à cette ethnie et aujourd’hui nous en voyons les effets : une ethnie et une langue sur le point de disparaître”.

“Je suis rempli d’émotion car, bien que tardif, nous sommes parvenus à rendre cet hommage, mais surtout parce que nous sommes une université inclusive qui prétend relier toutes les localités comme Puerto Williams, Puerto Natales ou Porvenir, là où nous avons aussi des centres universitaires”, commenta le recteur. Il annonça qu’il s’engageait à appuyer en tant qu’universitaire les intentions d’une nièce de Cristina, présente à cet hommage, qui souhaite étudier la Pédagogie en Education Maternelle.

Les autorités s’engagent à assurer la possibilité, pour Cristina Calderón, d’enseigner sa langue et ainsi préserver et diffuser une partie de sa culture avec le reste de la communauté magellanique.

Joaquin Cofreces est né en 1975 à Buenos Aires, en Argentine, mais il a vécu la plus grande partie de sa vie à Ushuaia, en Terre de Feu. Quand il était enfant les radios en ondes courtes lui apportaient les sons du monde qu’il écoutait, les yeux fermés.

Depuis 1995 il créée des installations sonores dans des lieux différents mélangeant l’art sonore avec d’autres expressions  comme la peinture, le théâtre et la photographie. Il a grandi dans une petite ville sur une île, sans formation universitaire, ni influences. Ses productions radiophoniques essayent toujours d’expérimenter de nouvelles techniques d’écriture. Collectionneur, il emporte toujours pendant ses voyages un enregistreur au lieu plutôt qu’une caméra. Journaliste intuitif, il conçoit la radio comme un espace d’expérimentation

 

 

Federico Vladimir Pezdirc & Pablo Esbert Lilienfeld (plasticiens, Bruxelles)

Pablo Esbert Lilienfeld et Federico Vladimir Strate Pezdirc se sont rencontrés pendant leurs études en Communication Audiovisuelle à l’UCM de Madrid. Pablo s’oriente vers les arts de la scène (RCPD & P.A.R.T.S., Bruxelles) et Federico vers les arts visuels (Royal College of Arts, Londres). En 2014, ils ont commencé à travailler ensemble, en mêlant dans leurs créations les arts visuels, les documentaires, la musique électronique et la danse. Ils créent des « fictions spéculatives » qui visent à contester les récits hégémoniques et à introduire du désordre dans nos façon de pensée. Leur première collaboration, Introducing The Star, fut une comédie musicale se transformant en journal intime filmé, album musical et solo de danse. Songs of Hain, dont un extrait est présenté ce soir, est un documentaire élargi sur le peuple Selk’nam à partir du rituel du Hain. Dragon Pieces est une série d’œuvres qui portent sur la relation entre fictions collectives et automatisation des comportements humains à travers des pratiques très disparates comme la nage synchronisée et les jeux de rôle.

 

Lauriane Lemasson (ethnomusicologue, Paris)

Après plusieurs missions et expéditions pluridisciplinaires réalisées sur le terrain depuis 2013, Lauriane Lemasson est musicienne et photographe et termine actuellement sa thèse de doctorat en ethnomusicologie et acoustique à Sorbonne Université, Paris, sous la direction de François Picard et Jean-Dominique Polack. Elle étudie les rapports entre lieux, paysages sonores et mémoires collectives, en axant ses recherches sur la géographie humaine passée et présente des territoires selk’nam et yagán. Grâce au soutien sans faille de Jean Malaurie et à des projets menés à ses côtés, ses recherches à contre-courant redécouvrent des connaissances que l’on croyait perdues et créent des espaces de visibilité protéiformes pour ces peuples en France et à l’étranger. Son objectif principal est de faire entendre les voix de ces victimes, encore aujourd’hui, de l’invisibilisation et des filtres des sciences sociales en vogue durant une large part du XXe siècle. Sa démarche pluridisciplinaire et singulière a mené à ce choix, avec Denis Laborde, d’inviter trois membres des communautés Yagán et selk’nam en France pour qu’ils aient l’opportunité de parler de leurs vécus respectifs et que, pour une fois, ce ne soit pas seulement quelqu’un qui parle en leur nom à l’étranger.

 

 

Pantxika Telleria (chorégraphe, Pays Basque)

Native de Saint Jean de Luz, Pantxika Telleria a été imprégnée, dès son plus jeune âge, du monde de la danse traditionnelle basque. En 1987, elle intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris en classe de Melle Vaussard, Mrs Denard et Davesne. Une blessure au genou lui fait entrevoir d’autres horizons. Elle obtient son Diplôme d’Etat de Professeur en Danse en juin 1996 et devient professeure à l’école des Ballets Gillet-Lipszyc à Biarritz. En mars 2001, elle crée la compagnie EliralE.

0001 est le 1er solo créé pour Amandine Mano, danseuse à l’Aterballetto et au Ballet de Lorraine. Son 2ème solo Firua créé avec Célia Thomas est retenu en première place dans la catégorie jeunes chorégraphes du Gouvernement basque pour l’année 2002. Cette même année, Pantxika répond à  l’invitation de l’Ecole du Ballet National de Marseille-Pietragalla en créant Esquisse pour une vie, pièce chorégraphique pour 15 danseurs. Cette dernière voit le jour en mai 2002 à l’Opéra de Marseille.

En juillet 2002, la Compagnie EliralE est élue Révélation du festival de Carcassonne. Le programme Eden composé des 3 pièces : Andante, Eden et Exquise exubérance y est présenté. Il est diffusé  une dizaine de fois en août, septembre et octobre 2002.

En 2003, Pantxika crée les pièces Hiruki et Lauki au festival Le Temps d’Aimer de Biarritz. Ce spectacle est coproduit par l’Institut Culturel Basque et Le CCN Ballet Biarritz, accueil studio 2003. Tout en dirigeant la Compagnie, Pantxika assure les activités de sensibilisation en direction des enfants, Devenue maman, elle investit le monde de la création pour le jeune public : Kadira, pièce pour deux interprètes, est créée en 2005. Le solo-performance 23 : 22 est créé en 2006 avec pour interprètes Sébastien Bertaud, danseur l’Opéra de Paris et Ion Alberdi, bassiste. Ce travail constitue un axe nouveau d’interrogation de espaces pour la chorégraphe et influence Lodikroko -pièce pour trois interprètes en direction de la petite enfance- et Pastiche -pièce pour neuf danseurs de plus de 50 ans et quinze musiciens. Ces deux pièces sont créées en 2007 soutenues par la CCSPB et immergent les interprètes dans le public pour mieux estimer les résonances corporelles avec notre quotidienneté.

En 2008, Pantxika répond à l’invitation de Jon Maya de la Compagnie Kukai basée en Guipuscoa pour un travail autour de la danse en chaîne et signe une pièce pour la rue : Soka, pièce pour 5 interprètes. Ce travail sera réinvesti en 2009 et verra la création à Bilbao de Sok2, pièce pour 7 interprètes et 3 musiciens. Au sein de la Compagnie Elirale, la chorégraphe continue d’interroger les espaces et les résonnances avec notre quotidienneté : Otto pièce pour 3 interprètes est ainsi créé en 2009 soutenue par la CCSPB. En 2011 toujours soutenue par la CCSPB, c’est Ninika pièce chorégraphique pour trois danseurs qui voit le jour aux côtes de Gorpitz1 pour laquelle Pantxika et les 4 interprètes travaillent avec un poète contemporain Mikel Ibarguren et Evilness, groupe de death metal toulousain.

Après dix années d’expérience dans la création, Pantxika Telleria décide d’intégrer la voix, la respiration des interprètes comme un prolongement du mouvement. En collaboration avec Kristof Hiriart chanteur, musicien elle interroge ce rapport voix, respiration, mouvement demandant à ses interprètes d’approfondir leur présence de danseur par leur présence sonore : H. pièce pour 4 interprètes est présentée au Temps d’Aimer de Biarritz soutenue en Accueil Studio par le Malandain Ballet Biarritz et l’Institut Culturel Basque. Cette même année 2012, elle répond à l’invitation de la Compagnie LagunArte en accompagnant Kristof Hiriart à créer Zun. En 2013, Pantxika décide de reprendre sa 1ère pièce jeune public, et Ka dira naît en novembre avec sur le plateau deux interprètes féminins. Elle poursuit son travail de recherche en dirigeant la Compagnie Elirale proposant en lien avec l’Agglomération Sud Pays Basque une Ecole du SpectActeur. Accompagnée de Jose Cazaubon, Arantxa Lannes, Célia Thomas, Aurélie Genoud, Jean-Christian Irigoyen, Maialen Maritxalar, Marion Morin tous chevilles-ouvrières de la Compagnie Elirale, elle interroge les phénomènes moteurs comme la marche la mettant en résonnance avec la danse populaire. Dans le cadre de ce chantier, 01.01 conférence dansée (partenariat Elirale-LagunArte) a vu le jour en 2014 et en 2015 c’est SATIE-ka qui voit le jour. Xihiko, création 2016 est l’aboutissement scénique de toute cette démarche de recherche en danse populaire et ceci en lien étroit avec Lionel Dubertrand, danseur populaire du Béarn, Célia Thomas, assistante chorégraphique et Laura Beurdeley, intervenante en méthode Feldenkrais TM.

 

Intervenants