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Haizebegi
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Haizebegi ou l’art de l’écoute

Pourquoi donc, partout dans le monde, les êtres humains font-ils une chose aussi inutile que « de la musique » ? S’il ne répond pas exactement au « pourquoi », le festival Haizebegi s’intéresse au « comment ».

Haizebegi est un festival à part. C’est un festival de musique bien sûr, avec ses concerts, ses bals, ses spéculations technologiques de haut vol, et ses occasions de musique, mais c’est aussi un festival qui s’intéresse à ceux qui fabriquent la musique, à ceux qui la jouent, qui l’écoutent, qui la programment, la distribuent, la commentent, la partagent, la dansent… En bref, Haizebegi prête attention au lien social que la musique sert à fabriquer, partout dans le monde.

Dès lors, peu importe qu’il s’agisse de Musique syrienne à L’Atalante ou, la nuit venue, de paysages acoustiques du Cap Horn dans le cloître de la Cité des Arts ; peu importe qu’il s’agisse de Salsa cubaine, de Tango argentin, de Chant polyphonique kanak ou de l’œuvre spéculative d’un collectif d’artistes et de chercheurs en informatique qui, de Bilbao à Bordeaux en passant par l’Estia à Bidart, se sont réunis pour fabriquer un « opéra pour robots ». Ce qui compte, c’est que de la musique, en toute occasion, crée du lien social.

Haizebegi est un festival à part. C’est un festival de musique qui s’intéresse aussi à ceux qui fabriquent la musique, à ceux qui la jouent, qui l’écoutent, qui la programment, la distribuent, la commentent, la partagent, la dansent.

Du 10 au 20 octobre : 10 films, 5 concerts, 14 rencontres et débats, 2 colloques, 3 expositions, 5 conférences, 1 spectacle de danse contemporaine, 7 stages et ateliers et le Grand Bal Tango du 18 au Gaztetxe. Et cette « cérémonie de résilience » au Musée Basque de Bayonne, le 12 octobre à 11 heures. Ce jour-là, des membres des peuples Selk’nams et Yahgans venus d’Ushuaia, de Rio Grande et de Puerto Williams, en Terre de Feu, racontent l’histoire de leurs peuples : les exploitations, les génocides, les zoos où leurs ancêtres furent exhibés et les restes humains dans les musées du monde. Gérard Collomb, ethnologue au CNRS, sera là pour les écouter. Et Lars Christian Koch viendra leur remettre, au nom des Archives sonores de Berlin qu’il dirige, les enregistrements réalisés entre 1907 et 1923 par les missions ethnographiques en Terre de Feu. Cette cérémonie se fait sous l’égide de l’UNESCO dans le cadre de l’Année Internationale des Langues Indigènes. À Bayonne, ce 12 octobre, la voix de leurs ancêtres sera restituée aux Selk’nams et aux Yahgans.

Vous êtes étonnés que tout cela se passe au prétexte de musique ? Souvenez-vous que la musique est un art de l’écoute et que cette capacité se doit d’être mise au service d’autres dispositifs. Comme sut le dire Florence Delay lors de la première édition du festival en 2014, « il faut savoir écouter pour pouvoir s’entendre ».

Alors voilà. Le festival Haizebegi n’a d’autre ambition que d’être un tiers terme qui catalyse des rencontres. Cela est vrai pour les Selk’nams et les Yahgans, cela est vrai aussi pour les si belles photos réalisées par Lauriane Lemasson en Terre de Feu et qui sont exposées dans le cloître de la Cité des Arts, cela est vrai pour les chercheurs brésiliens qui viennent présenter les documentaires sur l’immigration musicale au Brésil, cela est vrai aussi pour le travail de photographe que Jean-Marie Colin a effectué au Centre Atherbea qui accueille les blessés de nos mondes sociaux et cherche à favoriser leur réinsertion sociale. Les portraits de résidents qu’il a réalisés seront exposés sur les rives de l’Adour. Et par ce geste artistique unique, trace de l’implication de chacun dans sa propre histoire, ces personnes que nous avons nous-mêmes tellement de mal à apercevoir retrouvent une pleine visibilité dans l’espace public. La musique, un art de l’écoute.

Denis Laborde, Directeur artistique Haizebegi