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Les Rencontres Haizebegi 2026 – Yézidis : le génocide, l’exil, le chant

Une journée pour comprendre l’histoire yézidie, le génocide de 2014 et les enjeux de mémoire, de justice et de reconstruction qui traversent aujourd’hui une communauté dispersée par l’exil.
Organisées par Haizebegi, le CNRS, le Centre Marc Bloch, Passages – Université Bordeaux Montaigne et l’Université de Mossoul, en collaboration avec Yazda, Voice of Ezidis, Antiquities Coalition et le Jameel Arts & Health Lab, les Rencontres réunissent chercheurs, juristes, anthropologues, militants des droits humains et survivants.
Parmi les intervenants : Khanna Omarkhali, Salih Akin, Liqaa Marooki, Jean-Pierre Massias, Natia Navrouzov, Clémence Bectarte, Thikran Mato, Juliette Duclos-Valois, Farhad Shamo-Roto, Gülistan Ibrahim, Hussein Lawand, Estelle Amy de la Bretèque et Denis Laborde.
Les échanges traverseront trois grands enjeux : la culture yézidie dans l’histoire, le génocide et sa reconnaissance, puis la mémoire et la place des survivants dans l’écriture de leur propre histoire.
Entrée libre

Des voix pour comprendre, transmettre et rendre justice
Chercheurs, juristes, anthropologues, artistes et survivants se réunissent à Haizebegi pour croiser les regards sur l’histoire yézidie, le génocide de 2014, l’exil, la justice et les enjeux de transmission. Des paroles et des expertises rares, réunies au Pays Basque pour une journée de rencontres où savoir scientifique, expérience vécue et engagement se répondent.
Clémence Bectarte · Avocate pénaliste internationale, FIDH
Avocate au Barreau de Paris, Clémence Bectarte accompagne depuis de nombreuses années les victimes de crimes internationaux dans leur quête de vérité, de justice et de réparation. Elle intervient dans plusieurs procédures concernant des crimes commis en Syrie, en Irak, au Rwanda, en Libye ou encore au Soudan. En mars 2026, elle a plaidé au procès de Sabri Essid, premier procès en France portant sur le génocide des Yézidis. À Haizebegi, elle revient sur ce long chemin judiciaire et sur les enjeux de reconnaissance et de justice.
Farhad Shamo-Roto · Voice of Ezidis, Université de Manchester
Survivant du génocide des Yézidis de 2014 et originaire du Sinjar, Farhad Shamo-Roto a vécu trois ans et demi dans un camp de déplacés au Kurdistan irakien avant de rejoindre la France. Fondateur de l’ONG Voice of Ezidis, il œuvre à la défense des droits fondamentaux de la communauté yézidie et poursuit aujourd’hui ses recherches à l’Université de Manchester. À Haizebegi, il porte la parole des survivants et présente le projet d’une Commission Vérité sur le génocide yézidi.
Gülistan Ibrahim · Maison des Yézidis, Oldenburg
Membre de la Maison des Yézidis d’Oldenburg, en Allemagne, Gülistan Ibrahim travaille sur les questions de diversité religieuse, de dialogue interculturel et de visibilité des minorités. Son témoignage éclaire une autre dimension de l’histoire yézidie contemporaine : celle de l’exil et de la reconstruction communautaire. À Haizebegi, elle raconte ce que signifie être Yézidi loin de ses terres d’origine, transmettre une culture et une religion, et reconstruire des liens dans une nouvelle société.
Jean-Pierre Massias · Professeur de droit public, UPPA
Professeur de droit public à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et président de l’Institut Francophone pour la Justice et la Démocratie – Institut Louis Joinet, Jean-Pierre Massias est spécialiste de justice transitionnelle et des processus de sortie de conflit. Il a notamment accompagné les réflexions autour du processus de paix au Pays Basque. Lors des Rencontres Haizebegi, il ouvre la session consacrée au génocide yézidi par une conférence essentielle : « Ce qu’est un génocide ».
Juliette Duclos-Valois · Anthropologue, CETOBaC – EHESS, Institut Convergences Migrations
Docteure en anthropologie sociale et ethnologie de l’EHESS, Juliette Duclos-Valois mène depuis 2013 des enquêtes ethnographiques en Irak, notamment dans le district du Sinjar. Ses recherches portent sur les migrations, les mobilités et les manières d’habiter et de reconstruire un quotidien dans des contextes marqués par les conflits et l’incertitude. Son travail apporte aux Rencontres un regard de terrain sur les trajectoires contemporaines des populations yézidies.
Khanna Omarkhali · Théologienne, Freie Universität Berlin
Professeure à l’Institut d’études iraniennes de la Freie Universität Berlin et issue d’une famille yézidie de dignitaires religieux, Khanna Omarkhali est l’une des grandes spécialistes internationales du yézidisme. Ses recherches font référence sur les traditions religieuses orales yézidies, leur transmission et leur passage à l’écrit. Elle est notamment l’autrice de The Yezidi Religious Textual Tradition: From Oral to Written et a dirigé l’ouvrage Yezidism: Between Continuity and Transformation.
Liqaa Marooki · Ethnomusicologue, Université de Mossoul
Ethnomusicologue à l’Université de Mossoul, Liqaa Marooki consacre ses recherches aux pratiques musicales des communautés du nord de l’Irak. Elle a notamment étudié le rôle des qawwâl, musiciens religieux yézidis, dans le pèlerinage annuel du Jamâ‘îyah. Aux Rencontres Haizebegi, elle explore la manière dont lamentations, musique et danse participent aux formes de résilience au sein des communautés yézidies du nord de l’Irak.
Natia Navrouzov · Avocate pénale internationale, directrice exécutive de Yazda
Spécialiste de justice pénale internationale, de compétence universelle et de justice transitionnelle, Natia Navrouzov dirige l’ONG Yazda, engagée auprès de la communauté yézidie. Elle participe à la documentation des crimes commis par Daech et au travail mené auprès des institutions internationales pour obtenir justice et reconnaissance pour les victimes. À Haizebegi, elle porte notamment le plaidoyer des femmes yézidies.
Salih Akin · Linguiste, Université de Rouen Normandie
Professeur des universités en linguistique générale, linguistique kurde et sociolinguistique à l’Université de Rouen Normandie, Salih Akin est également directeur de la revue Études kurdes. Auteur d’une Introduction à la linguistique kurde, il travaille depuis plus de vingt ans sur la langue kurde, l’analyse du discours et l’onomastique. Sa présence inscrit la langue au cœur des questions de culture, de mémoire et de transmission abordées par les Rencontres.
Estelle Amy de la Bretèque · Anthropologue, CNRS
Anthropologue et chercheuse au CNRS, Estelle Amy de la Bretèque travaille depuis près de vingt ans sur les sociétés yézidies et leurs traditions orales et musicales. Ses recherches interrogent notamment la place de la voix, du chant et de la parole dans l’expression de la mémoire, du deuil et de l’exil. À Haizebegi, elle accompagne plusieurs temps des Rencontres et fait dialoguer recherche anthropologique, transmission et pratiques musicales.
Thikran Mato · Survivant yézidi, Nobody’s Listening
Survivant du massacre de Kocho, dans le Sinjar, Thikran Mato avait 15 ans lorsqu’il a été séparé de force de sa famille et retenu en captivité par Daech pendant deux ans. Aujourd’hui engagé auprès de la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP), il accompagne également l’exposition immersive Nobody’s Listening en tant que directeur du plaidoyer. À Haizebegi, il porte une parole directe sur le génocide, la mémoire des victimes et la nécessité de rendre justice.
Hussein Lawand · Chanteur yézidi
Chanteur yézidi, Hussein Lawand fait entendre à Haizebegi un répertoire où la musique est indissociable de la mémoire et de la transmission. Avec Julen Achiary, il est au cœur de Chanter l’absence, une rencontre entre les chants anciens de Soule et les traditions musicales du Shengal : deux traditions éloignées par la géographie, mais rapprochées par une même nécessité, faire vivre ce que l’histoire menace de faire disparaître. Il participe également aux rencontres et aux temps de transmission consacrés à la culture yézidie.
Denis Laborde · Anthropologue, CNRS – EHESS, fondateur de Haizebegi
Anthropologue, directeur d’études à l’EHESS et chercheur au CNRS, Denis Laborde fait de la musique un outil d’analyse des sociétés humaines. Médaille d’argent du CNRS en 2020, il développe depuis de nombreuses années des recherches sur les pratiques musicales, les migrations, les institutions culturelles et les situations de conflit. Fondateur de Haizebegi, il a imaginé le festival comme un espace où création artistique et recherche scientifique se rencontrent pour éclairer les transformations du monde contemporain.

