Im Rahmen Ihrer Forschung kommen Sie mit stark beeinträchtigten Menschen mit Autismus in Kontakt. Dies widerspricht einer Reihe von Klischees über geniale Musiker mit Autismus: Manche fragen sich, ob Bartók oder Satie nicht autistisch waren … Hier befinden wir uns in einem anderen Bereich; handelt es sich um einen Bereich, in dem Musik bereits präsent ist und genutzt wird? Gibt es Studien zu den Beziehungen dieser Menschen zu Klängen oder Musik?
Achtung: Es ist sehr verpönt, nachträgliche Diagnosen zu stellen, wenn man nicht über die dafür erforderlichen Informationen verfügt – auch wenn es dennoch Personen gibt, bei denen ein starker Verdacht besteht, wie zum Beispiel Glenn Gould, der eine Reihe von Kriterien erfüllt.
Was die sogenannten „Autisten mit geringem Autismusgrad“, „mit starken Beeinträchtigungen“ oder „mit schweren Symptomen“ betrifft, so finde ich keinen dieser Begriffe passend, da sie sich auf das beschränken, was man sieht, worauf man Zugriff hat, nämlich Menschen mit erheblichen motorischen Einschränkungen, denen es sehr schwerfällt, eine gesprochene Sprache zu entwickeln. Das bedeutet nicht, dass ihnen die Sprachfähigkeit unzugänglich ist, sondern es handelt sich vielmehr um eine schriftliche Ausdrucksweise. Man kommt also zu schnell zu dem Schluss, dass es sich um Menschen mit kognitiven Defiziten handelt, da dies unsere beiden Methoden sind, um das Niveau der kognitiven Leistungsfähigkeit einer Person zu bewerten. Dabei übersehen wir vielleicht etwas.
Das von mir koordinierte Forschungsprogramm („Mapping Autistic Cognitive Abilities“, https://www.maca.community) zielt insgesamt darauf ab, zu erforschen, wozu autistische Menschen
fähig sind und was sie leisten können. Ich möchte einen Teil dieses Projekts auf autistische Menschen mit „geringem Funktionsniveau“ ausweiten – das ist der offizielle Begriff und vielleicht der am wenigsten abwertende, da es sich um Menschen handelt, die aufgrund ihrer motorischen und sprachlichen Probleme Begleitung benötigen und bei denen der Erwerb der sozialen Informationen, die für den Zugang zur Selbstständigkeit notwendig sind, stark beeinträchtigt ist. Leider werden diese Menschen – vor allem in Frankreich – oft in Einrichtungen untergebracht, in denen sie relativ wenig psycho-pädagogische Betreuung erhalten. Glücklicherweise ändert sich dies allmählich. Doch bis vor kurzem handelte es sich bestenfalls um Beschäftigungstherapie. Meine Hypothese lautet, dass diese Menschen in bestimmten Bereichen über weitaus höhere kognitive Fähigkeiten verfügen, als man gemeinhin annimmt.
Wie lassen sich diese Fähigkeiten hervorheben?
Genau darin liegt die Schwierigkeit: herauszufinden, wie man an diese Fähigkeiten herankommt, um sie zu messen. Wir haben gute Gründe anzunehmen, dass diese Fähigkeiten äußerst spezifisch sind und bei „Neurotypischen“ – also Menschen ohne neurologische Besonderheiten – nur sehr selten vorkommen; allerdings kann man sich zwar fragen, ob es so etwas überhaupt gibt – jemanden, der wirklich neurotypisch ist –, aber man kann davon ausgehen, dass diejenigen, die insgesamt im Durchschnitt liegen, neurotypisch sind, auch wenn jeder kleine Bereiche hat, die außerhalb der Norm liegen… (In der Welt der Forschung gibt es nicht viele Neurotypische!
Es ist eine Nische für Menschen, die etwas anders funktionieren…) Um zum Beispiel auf die Musik zurückzukommen: Wir haben guten Grund zu der Annahme, dass manche autistische Menschen über auditive Wahrnehmungsfähigkeiten verfügen, die weit über das übliche Frequenzspektrum hinausgehen, hin zu den Infrabässen und Ultraschallfrequenzen. Man kann auch vermuten, dass ihre Fähigkeit zur Unterscheidung zwischen Frequenzen viel ausgeprägter ist als bei neurotypischen Menschen oder dass sie Fähigkeiten zum Erkennen von Klangmustern oder Tempi besitzen, über die Neurotypische nicht verfügen.
Menschen mit Autismus sind oft sehr gut darin, Muster zu erkennen. Aber Vorsicht, man darf das keinesfalls verallgemeinern – keine zwei Menschen mit Autismus sind gleich, ihre neuronalen Verknüpfungen sind immer sehr ungewöhnlich. Man erlebt jedes Mal große Überraschungen.
Was versteht man unter einem „Pattern“?
Imaginons qu’on se promène sur un chemin à la lisière de la forêt. À chaque fois qu’on pass à côté d’un champ de maïs, les feuilles des arbres prennent une forme légèrement différente de celle qui sont à côté d’une friche ou d’un champ de blé, parce que les pesticides spécifiques répandus sur les champs de maïs sont transportés par le vent et modifient la forme des feuilles. C’est un pattern, il y a une règle : à chaque fois qu’on est à côté d’un champ de maïs, la forme des feuilles des arbres est légèrement modifiée. Une personne autiste percevra cela très spontanément – ou plutôt, si quelqu’un le perçoit spontanément, ce sera probablement quelqu’un qui est dans le spectre autistique. Pour les autres, ce n’est pas un pattern évident. Mais la personne autiste sera au contraire surprise que les autres ne le voient pas, cela va lui « sauter au yeux ». Donc on peut tout à fait imaginer que les personnes autistes ont un rapport au son, à la musique, qui est peut-être fondamentalement différent du nôtre, ou que certaines personnes autistes ont une approche de la musique extrêmement inhabituelle et qui répond à d’autres
motivations cognitives que celles de la plupart des gens. Or les personnes autistes dites « de bas niveau de fonctionnement » – qui ne peuvent pas s’exprimer à l’oral, et qui n’ont pas appris à lire et à écrire – ne peuvent pas me communiquer la manière dont elles perçoivent la musique. Et même si j’ai cette hypothèse qu’elles perçoivent la musique de manière différente, et parfois à un niveau plus élevé, en quelque sorte plus performant que le mien, je n’ai pas de moyen de le savoir. D’une part, elles n’ont pas de moyen de savoir que je ne perçois pas ce qu’elles perçoivent ; et moi, je n’ai pas de moyen de supposer qu’elles perçoivent quelque chose que je ne perçois pas. On est donc face à une problématique qui est un peu la problématique des chercheurs qui étudient l’intelligence animale : comment faire pour mesurer une intelligence que je n’ai pas ? C’est la première difficulté : il faut que je mesure quelque chose que je ne sais pas mesurer parce que je ne sais même pas que cela existe. Mais à cela vient s’ajouter un autre problème : même si je voulais utiliser des outils de mesure sur des choses que je sais bien mesurer, par exemple sur la mémoire de travail, la flexibilité mentale, les capacités d’attention, je ne pourrais pas le faire parce que la grande majorité des tests comportent des instructions verbales. Or quand je donne une instruction verbale à une personne autiste dite « à bas niveau de fonctionnement », je ne sais pas ce qu’elle a compris : elle peut avoir compris quelque chose, mais je ne sais pas si elle a compris ce que je lui demande. Le rapport au langage est très compliqué, pas seulement du fait qu’il est difficile d’accès – même s’il l’est souvent. Il y a aussi des difficultés de langage propres à l’autisme, même chez des personnes de très haut niveau, qui seront capables d’apprendre six ou douze langues. Il reste des difficultés subtiles, des troubles de la pragmatique : la difficulté à mettre le langage dans le bon contexte par exemple. On retrouve des troubles du langage sur l’ensemble du spectre autistique. Donc c’est mieux de passer par des tests qui ne s’appuient pas sur du langage, ni pour les instructions, ni pour la réponse. Il existe bien des tests qui se passent de langage, par exemple le test de la matrice de Raven. Comme cela a été montré dans une étude célèbre réalisée chez des personnes autistes identifiées comme ayant un retard cognitif important (avec un QI de Wechsler de 30 ou 40), la majorité d’entre elles repassent 3 en fait au-dessus du seuil considéré comme celui de la « déficience intellectuelle » avec cette matrice de Raven. Mais même avec ce test, ce n’est pas si évident parce que cela demande de manipuler de petites pièces. Il faut une habileté motrice que certaines personnes sévèrement polyhandicapées n’ont pas. Donc la question que je me pose est : comment accéder à ces personnes, quels sont les outils qu’on peut développer et qui nous permettent d’accéder à leurs fonctions cognitives, à leur efficience mentale, et qui ne mettent en jeu ni le langage, ni la motricité.
C’est à ce moment qu’intervient l’atelier de Patrice Moullet à La Défense. Il a créé de nombreux instruments, entre autres l’OMNI, et souhaitait que des chercheurs s’en emparent pour en faire une valorisation scientifique, parce qu’il avait remarqué le potentiel de cet instrument entre les mains d’individus polyhandicapés. Il fait des ateliers avec des centres d’accueil pour personnes polyhandicapées parmi lesquelles beaucoup sont considérées comme autistes avec retard cognitif. Quand je suis entrée dans l’atelier, je suis tombée en adoration immédiate pour tous ces instruments ! J’ai commencé à jouer de tout, pendant une heure, ils ne pouvaient plus m’arrêter ! Je pense que Patrice Moullet est un génie, qu’il a compris des choses sur la musique.
Ses instruments sont assez monumentaux, ils font plusieurs mètres, et ils impliquent le corps entier et pas seulement les mains. Donc si on n’est pas très habile de ses dix doigts, ce n’est pas grave. Et une autre particularité de ces instruments est qu’on comprend immédiatement comment on peut en jouer, cela permet tout de suite de produire quelque chose, il n’y a quasiment pas de phase d’apprentissage. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de progression, qu’on ne devient pas expert de l’instrument au fur et à mesure, mais on n’a pas besoin d’entraînement, d’apprentissage spécifique, pour pouvoir jouer quelque chose. En dix secondes, on a compris et on peut jouer. En psychologie, on appelle cela l’affordance d’un objet, son degré d’utilisabilité immédiate (par exemple, l’affordance d’une chaise, c’est qu’on
peut s’asseoir dessus). L’affordance de l’OMNI, c’est qu’on peut jouer sur des touches, c’est vraiment très immédiat. Cela rend ses instruments très accessibles aux personnes qui sont très handicapées.
Donc à la fin de cette heure où il m’a laissée jouer avec tous ses instruments, j’étais évidemment enthousiaste pour travailler avec lui.
Tout cela, c’était en 2016. Et depuis, il a été difficile de monter un projet parce que je pars de zéro, parce que rien n’a jamais été fait avec l’OMNI sur le plan scientifique, et parce que les personnes autistes avec de forts handicaps sont une population vraiment très peu étudiée. Sur l’ensemble des études sur l’autisme – et il y en a beaucoup, c’est un sujet qui attire l’attention des scientifiques en ce moment – moins de 6% incluent des personnes déficitaires.
Woran liegt das? Ist es befriedigender, mit sogenannten hochfunktionalen Autisten zu arbeiten?
Das liegt nicht daran, dass es lohnender ist, sondern einfach daran, dass es möglich ist. Es gibt nur sehr wenige Tests ohne verbale Anweisungen, daher lassen wir sie von Personen durchführen, die die Anweisungen verstehen. Unsere üblichen Instrumente in der Neuropsychologie sind nicht für nonverbale Personen geeignet. Und es gibt noch eine andere, weniger „freundliche“ Erklärung: Vielleicht erkennen die Forscher nicht, dass diese Menschen wahrscheinlich über mehr Fähigkeiten und Intelligenz verfügen, als man auf den ersten Blick erkennen kann. Es stimmt, dass es sehr interessante Fälle gibt, wie zum Beispiel diesen Mann, der in der Lage war, einmal mit dem Hubschrauber über New York zu fliegen und die Stadt maßstabsgetreu und fehlerfrei zu zeichnen – das ist beeindruckend (https://www.stephenwiltshire.co.uk/). Ein erheblicher Anteil dieser Kinder (je nach Studie 8 bis 20 %) ist in der Lage, das Lesen von selbst zu erlernen, ohne dass es ihnen beigebracht wird: Eines Tages stellt man fest, dass sie lesen können. Allerdings können sie nicht immer verstehen, was sie gelesen haben – oder besser gesagt: Sie haben unsere Maßstäbe für das Verstehen noch nicht verinnerlicht –, aber vielleicht verstehen sie andere Dinge, die uns nicht zugänglich sind.
Diese Fähigkeiten treten also zutage, sie zeigen sich sogar, wenn man nicht gezielt nach ihnen sucht, doch es ist schwierig, eine Methode zu finden, um sie zu messen.
Um auf das OMNI zurückzukommen: Trotz meiner völligen Unkenntnis darüber, was in der Musikforschung geschieht, habe ich beim Spielen das Potenzial dieses Objekts als Messinstrument erkannt. Ich habe an zahlreichen Workshops mit Menschen mit schweren Behinderungen teilgenommen, insbesondere mit autistischen Menschen. Wenn man ihnen Zeit lässt, machen sich alle das Gerät schließlich zu eigen und spielen Musik.
Für wen spielen sie? Tun sie das nur für sich selbst oder auch für die Menschen in ihrem Umfeld?
Das läuft darauf hinaus, sich zu fragen, ob das OMNI für diese Menschen ein Kommunikationsmittel ist. Wenn ich von meiner eigenen Erfahrung und der Erfahrung der Menschen ausgehe, mit denen ich darüber gesprochen habe (denn da es sich um ein faszinierendes Instrument handelt, sprechen die Leute leidenschaftlich darüber), dann ist man, wenn man als Amateur spielt, völlig in den Bann gezogen. Es ist ein Zustand der Verzückung im doppelten Sinne des Wortes: Man ist sehr glücklich und gleichzeitig völlig in das Geschehen vertieft.
Die Funktionsweise des OMNI besteht aus drei Komponenten: dem Spieler, dem Instrument und der Person, die am Computer die Soundbank auswählt. Es gibt zahlreiche Soundbanken, die sich unterschiedlich verhalten. Manche Sounds haben ihren eigenen Rhythmus. Spielt man diese Sounds, wird man von dieser Rhythmik mitgerissen. Spielt man eine Soundbank, die keinen eigenen Rhythmus hat, schafft man seine eigene Rhythmik. Es gibt Klänge, die aufhören, wenn man die nächste Taste drückt, während andere Klänge weiterlaufen und sich überlagern – man kann also entweder Akkorde bilden oder es handelt sich um Einzelklänge. Aber auch die Einzelklänge können selbst Akkorde sein, je nachdem, welche Klangbank man spielt. Je nachdem, ob man den einen oder den anderen Klangtyp wählt, spielt man nicht auf dieselbe Weise. Es ist wie eine Art riesiges Klang-Lego, mit dem man wie ein Kind spielt. Ich habe also nicht den Eindruck, dass sie für andere spielen. Aber das ist nur ein Eindruck. Es kann vorkommen, dass sie zu zweit spielen, insbesondere mit der Person, die den Workshop leitet. Und dann kann eine menschliche Verbindung entstehen, durch Blickkontakt und entweder durch synchronisierte Bewegungen oder im Gegenteil durch einen Wechsel: Du drückst eine Taste, ich höre den Klang, ich drücke eine Taste … jeder ist einmal dran.
Ein Austausch ist möglich. Aber ich glaube vor allem, dass sie für sich selbst spielen, aus Freude am Spielen, am Musizieren – zumindest ist das meine Hypothese.
Sie verwenden den Begriff „Musik“; für wen ist das Musik? Kann man sich vorstellen, was „Musik“ für diese Menschen bedeutet?
Für mich und für die Leute, die die Workshops leiten, klingt das wie Musik, aber ich habe trotzdem einen Musiker hinzugezogen, damit er mir sagt, ob er das als Musik betrachtet, denn ich bin der Meinung, dass ich als Kognitionswissenschaftler nicht in der Lage bin, das selbst zu beurteilen. Es war ein Jazzmusiker, der viel improvisiert.
Und für ihn stand außer Frage: Es war Musik. Man könnte sich auch ein partizipatives Forschungsprotokoll vorstellen, bei dem man der Öffentlichkeit im Internet etwa zehn Aufnahmen zur Verfügung stellen würde, darunter fünf, die von einer autistischen Person produziert wurden, und fünf zufällig ausgewählte. Die Teilnehmer würden gebeten, zu beurteilen, welche davon Musik sind, und den Grad der Musikalität auf einer Skala von 1 bis 10 zu bewerten. Auf diese Weise ließe sich objektiv beurteilen, ob es sich um Musik handelt oder nicht.
Als ich mir diese Frage stellte, habe ich mich vor allem gefragt, inwieweit es wichtig ist, zu sagen, ob es sich um Musik handelt oder nicht. Was ändert das im Hinblick auf das Vorhaben, die kognitiven Fähigkeiten dieser Menschen anzusprechen?
Ihre Frage gefällt mir! Technisch gesehen ändert das absolut nichts. Nehmen wir mal an, es wäre keine Musik … aber was wäre es dann? Klang? Lärm?
Es mag wohl Klänge geben, die weder Lärm noch Musik sind… Die Abgrenzung der Musik gehört zu den immer wiederkehrenden Debatten in der Ethnomusikologie. Doch anstatt zu versuchen, die Grenze zwischen dem, was Musik ist, und dem, was keine ist, festzulegen, kann man sich auch fragen, warum wir überhaupt unterscheiden müssen zwischen dem, was wir als „Musik“ bezeichnen, und dem, was wir nicht so bezeichnen. Ich frage mich also, warum man selbst in einem Projekt, dessen Ziel nicht musikwissenschaftlicher Natur ist, immer wieder auf die Kriterien für die Vergabe dieses Etiketts „Musik“ zurückkommt, ohne sich davon lösen zu können. Sie haben Recht, das spielt keine Rolle. Da ich aber trotz allem der Meinung bin, dass es sich um Musik handelt, würde das bedeuten, dass diese Menschen, die in der Regel noch nie ein Instrument in der Hand gehalten haben, in der Lage sind, Musik zu erzeugen. Daraus könnte man Rückschlüsse darauf ziehen, was an der Funktionsweise des menschlichen Gehirns universell sein könnte. Aber damit würden wir uns weit vom Thema entfernen! Im Moment interessiert uns das nicht.
Wenn man hingegen, anstatt von einer klanglichen Definition von Musik auszugehen, diese als soziales Phänomen definiert, das nur existiert, weil Menschen gemeinsam beschließen, dass es sich um Musik handelt, könnte man dann zu einem anderen Potenzial des Instruments gelangen, nämlich Menschen miteinander in Verbindung zu bringen, mit denen die Kommunikation sehr schwierig ist? Ermöglicht eine soziale Definition von Musik, die Potenziale des OMNI hervorzuheben?
Ce n’est pas sur cet aspect que j’oriente mon travail, mais il est vrai qu’il y a un aspect social très fort. Pendant qu’une personne handicapée joue, il y a cet effet de la musique : nous sommes tous concentrés sur la musique dans la salle, nous avons cela en commun à cet instant-là, et à la fin, tout le monde exprime de la joie, les gens applaudissent, ils félicitent le joueur, le joueur est content, il sent qu’il se passe quelque chose. Donc il se produit à ce moment-là un lien social évident.
Donc la présence de ces rituels – écoute, applaudissements – contribue à définir des moments de musique…
Oui, le corps est penché en avant dans une attitude d’écoute, on voit les expressions faciales du plaisir, et parfois même des émotions fortes, des larmes…
Mais ce n’est pas sur cet aspect que je centre mes recherches. Ce que j’ai envie de regarder, c’est la structure de la musique produite – appelons-la musique, même si un terme plus neutre me conviendrait bien. J’ai commencé à réfléchir à un protocole qui est un protocole classique de neurosciences, mais avec une approche de sciences humaines et sociales.
Si tout se passait comme je le voudrais, on pourrait récupérer les enregistrements MIDI 1 de 6 personnes autistes très handicapées qui jouent dans les conditions suivantes : sans qu’on interagisse avec eux, et en leur laissant le temps de bien s’approprier l’instrument et son jeu.
Le temps de l’autisme est un temps très long, donc parfois, on a l’impression qu’il ne se passe rien alors que c’est juste parce qu’il faut se donner le temps. On est vraiment en terre complètement inconnue, nos critères habituels ne servent plus à rien. Il faut arriver avec un regard scientifique capable de repérer et de classifier, mais un regard suffisamment neuf pour arriver à repérer des choses que normalement, on ne regarde pas.
Donc il faut qu’ils aient fait suffisamment de visites pour être à l’aise avec l’instrument, et il faut les laisser jouer idéalement deux ou trois minutes pour qu’ils puissent être vraiment dedans. Et là, on peut récupérer plusieurs minutes de production musicale.
Dans un premier temps, ce que j’observe visuellement sur les fichiers MIDI que j’ai récupérés et qu’il faudrait maintenant analyser en détail, c’est une structuration du fichier. On voit une structuration du tempo. Ce que je voudrais faire, c’est enregistrer des séquences sonores produites par ces gens dans les conditions que je vous ai décrites, et faire des analyses mathématiques qui permettent de mettre en évidence des structures dans ce qu’ils ont produit :
des enchaînements de notes ou de touches, et des structures rythmiques. Si je fais apparaître des motifs répétés avec des effets de complexification au fur et à mesure que le motif se répète, ou des motifs entrelacés, s’il existe des motifs avec une architecture de ces motifs, je peux alors montrer d’une manière irréfutable que le cerveau qui a produit cela est capable de produire quelque chose de complexe. Pour l’instant, lorsque je dis à mes collègues neuroscientifiques que ces enfants handicapés font de la musique avec l’OMNI, la réponse est : tu penses que c’est de la musique, mais ils font cela au hasard, comme un enfant qui prend un pinceau et fait un gribouillis, c’est joli mais c’est le fruit du hasard. Avec l’OMNI, ce n’est pas parce que les sons en eux-mêmes sont jolis que c’est forcément une structure
musicale. Donc il faut démontrer mathématiquement qu’il y a des motifs dans ce que ces personnes produisent, pour conclure que seul un cerveau capable de complexité peut produire une telle structure sonore.
L’idée serait d’avoir ainsi un accès à leurs capacités mentales. C’est un accès très indirect, mais il a l’avantage d’être très écologique. Les mesures dites « écologiques » sont les mesures qui sont prises dans les conditions les plus proches possibles de la vie réelle. D’habitude, nos méthodes de travail sont très détachées de la vie réelle : on vous amène dans le bureau du neuropsychologue à l’hôpital ou dans la salle d’expérimentation d’un laboratoire universitaire, souvent au sous-sol, au fond d’un couloir en béton, dans une salle éclairée au néon avec un ordinateur sur une table et une chaise pas très confortable… On est loin des conditions
habituelles de vie dans lesquelles on manifeste les différentes dimensions de l’intelligence.
Les tâches écologiques sont intéressantes parce qu’elles sont plus prédictives de ce qui se passera dans la « vraie vie », on peut s’appuyer dessus pour faire de la rééducation et de la prise en charge, mais elles sont difficiles à mettre en œuvre. Avec les personnes autistes fortement handicapées, on n’a pas le choix, on ne peut pas les emmener au labo. C’est d’ailleurs pour cela qu’elles sont très peu présentes dans les études. Il faut faire des tâches les plus écologiques possibles. Ils nous confrontent aux limites de nos méthodes, ils nous obligent à repenser toute notre méthodologie. De manière générale, l’autisme nous pousse à nos limites, et pas seulement nos limites méthodologiques : cela nous oblige à nous demander pourquoi on utilise des mots, cela nous confronte à nos limites d’êtres humains à de nombreux niveaux.
Welche Rolle spielen Emotionen, wenn es darum geht, Kompetenzen zu erkennen? Sind diese beiden Bereiche voneinander getrennt?
Emotionen und kognitive Prozesse sind nicht voneinander getrennt. Man spricht zwar von „heißer“ und „kalter“ Kognition, doch wird deutlich, dass keine Funktion losgelöst von Emotionen existiert. Die Aufmerksamkeitsleistung hängt natürlich von den Emotionen ab, die im Spiel sind. Wenn uns das Geschehen gleichgültig ist, fällt es uns schwer, unsere Aufmerksamkeit aufrechtzuerhalten, während wir, wenn wir in Lebensgefahr sind oder die Liebe unseres Lebens vor uns steht, äußerst aufmerksam sind! Die frontalen Funktionen, die als sehr „kalte“ Kognition gelten, können nicht losgelöst von Emotionen funktionieren – und selbst wenn man beweisen wollte, dass sie unabhängig davon funktionieren, müsste man eine Person heranziehen, die keine Emotionen hat, doch so etwas gibt es nicht. Man ist niemals emotionslos. Daher ist die Hypothese eines „
“ Gehirns, das ohne Emotionen funktionieren würde, unsinnig. Allerdings weist die Frage nach den Emotionen bei Menschen mit Autismus eine Reihe von Besonderheiten auf
. Man kann sich durchaus vorstellen, dass das Spektrum und die Intensität der empfundenen Emotionen sehr unterschiedlich sind. Um dies zu behaupten, stütze ich mich vor allem auf Erfahrungsberichte und Autobiografien; in der wissenschaftlichen Literatur gibt es dazu nicht viel. Zufällig habe ich jedoch 2017 einen Artikel für die breite Öffentlichkeit über autistische Frauen in „The Conversation“ (https://theconversation.com/ces-femmes-autistes-qui-signorent-75998) geschrieben, und dieser Artikel wurde eine Million Mal aufgerufen, was keineswegs üblich ist: Normalerweise sind es eher zehn- bis zwanzigtausend Aufrufe. Und ich erhielt eine Flut von E-Mails und spontanen Nachrichten von Menschen, die das Bedürfnis hatten, ihre Erfahrungen zu schildern. Manche waren sehr abwegig, aber alle waren interessant: Menschen, die glaubten, autistisch zu sein, es aber nicht waren; Menschen, die es waren
, es sich aber nicht eingestehen konnten; sehr persönliche Nachrichten; so habe ich eine Art Vertrauen seitens der Autismus-Community gewonnen, das Menschen dazu veranlasste, ihre Erfahrungen zu schildern und mir ihre Gefühle vielleicht leichter mitzuteilen als einem Forscher, der Autismus als Defizit betrachtet. Meine Intuition sagt mir also, dass das emotionale Spektrum anders ist: Sie reagieren viel stärker auf Dinge, die Neurotypische als unwichtig ansehen, und zeigen sich sehr gleichgültig gegenüber Dingen, die Neurotypische als wichtig erachten. Das betrifft diejenigen, die Zugang zu ihren Emotionen haben. Aber die Hälfte der Autisten leidet unter der sogenannten Alexithymie. Das ist die Unfähigkeit, die eigenen Emotionen zu erkennen (diese Unfähigkeit kann auch außerhalb des Autismus vorkommen, ist bei Autisten jedoch sehr häufig). Die Person kann sehr wütend oder sehr traurig sein – das sieht man ihr an –, sagt aber, dass sie nichts empfindet. Das kann die Vorstellung nähren, dass Autisten keine Emotionen haben. Tatsächlich haben viele von ihnen keinen Zugang zu ihren Emotionen, und diejenigen, die Zugang dazu haben, empfinden nicht unbedingt dort Emotionen, wo wir sie empfinden, und umgekehrt empfinden sie starke Emotionen dort, wo dies für uns ungewöhnlich ist; daher beschreiben wir dies nicht als Emotionen, sondern als Krise oder Verhaltensproblem. All dies erschwert natürlich die Kommunikation zwischen autistischen und nicht-autistischen Menschen.
Die dritte Ebene, die die Dinge noch weiter verkompliziert, besteht darin, dass das Spektrum der Gesichtsausdrücke, mit denen Emotionen vermittelt werden können, nicht dasselbe ist. Das Gesicht von Autisten drückt Emotionen nicht auf dieselbe Weise aus wie das Gesicht eines Nicht-Autisten. Daher fällt es einer autistischen Person schwer, die Emotionen einer nicht-autistischen Person zu erkennen, und umgekehrt. Es ist ein Dialog, der nur schwer zu einem Ergebnis führt.
Wird der Weg über Emotionen – und möglicherweise auch über musikalische Emotionen – mithilfe von OMNI dazu beitragen, kognitive Fähigkeiten zu erkennen?
Ich weiß nicht, ob man das so sagen kann. Vielleicht ist das gar keine Frage, genauso wie es vielleicht irrelevant ist, sich zu fragen, ob es sich dabei um Musik handelt oder nicht. Oder es gibt wahrscheinlich ein Gefühl, nämlich die Freude daran, das OMNI zu nutzen. Ich halte es für eine vorsichtige Annahme, dass die Person, die den OMNI nutzt, Freude daran hat und dass es eine Motivation gibt, wiederzukommen. Ich hatte die Hypothese aufgestellt, dass dies einen Zustand des psychologischen Flows, der Verzückung und des Mitreißens durch die eigene Produktion hervorruft. Aber ich weiß nicht, ob man darin ein pädagogisches Werkzeug sehen sollte. Es geht vielmehr darum, Zugang zu einer Erfahrung zu gewähren, die an sich schon prägend ist… Es wäre ein Fehler, daraus eine Anleitung machen zu wollen. Übrigens achten die Workshop-Leiter sehr darauf, dass die Begleitpersonen den OMNI nicht in Anleitungen festhalten. Man nutzt ihn nicht, um eine bestimmte Wirkung zu erzielen oder ein Ziel zu erreichen. Man bietet eine Erfahrung an.
Ich habe mich gerade gefragt, ob das OMNI eine Rolle für Menschen spielt, die Schwierigkeiten haben, mit der Außenwelt zu kommunizieren?
Sie sprechen das Thema der Kommunikation von Menschen mit Autismus an, das sehr wichtig ist. Dieses Thema wird sich in den kommenden Jahren sicherlich stark weiterentwickeln. Man geht immer noch davon aus, dass die Kommunikation von Menschen mit Autismus schwierig ist, aber ich bin mir nicht sicher, ob es richtig ist, dies so zu formulieren. Natürlich ist es kompliziert zu kommunizieren, wenn man nicht spricht. Aber Kommunikation ist immer eine Angelegenheit zwischen zwei Menschen. Neurotypische Menschen haben ebenso große Schwierigkeiten, mit einer autistischen Person zu kommunizieren, wie die autistische Person Schwierigkeiten hat, mit einer neuro
n Person zu kommunizieren. Da die autistische Person eine Behinderung hat, sollte der zusätzliche Aufwand eher von der nicht behinderten Person ausgehen, doch das ist selten der Fall. Ich habe Notizen wiedergefunden, die ich vor etwa zwölf Jahren gemacht habe, als ich begann, mich für Autismus zu interessieren. Ich sah mir Videos zur Neuropsychologie an und war beeindruckt davon, dass das Kind Dinge über seine Körpersprache ausdrückt und der Erwachsene dies nicht wahrnimmt, weil er sich auf die verbale Sprache konzentriert und die Körpersprache ignoriert. Und da das Kind nicht mit verbaler Sprache antwortet – was ihm schwerfällt –, geht der Erwachsene davon aus, dass es nicht geantwortet hat.
Doch das Kind hat geantwortet! In einer solchen Situation muss man sich wirklich fragen, wer hier ein Kommunikationsproblem hat. Nur liegt das, was auf nonverbaler Ebene vermittelt wird, außerhalb des Bereichs der Worte; es ist ein Bereich, den wir kaum beherrschen. Man muss also bereit sein, Kommunikationsformen aufzugeben, mit denen man sehr vertraut ist und die für einen selbst effektiv sind. Nonverbale Ausdrucksformen erfordern eine gewisse Loslassfähigkeit. Doch je mehr Zeit ich mit autistischen Menschen verbringe, desto mehr wird mir bewusst, dass es tatsächlich eine Form der Kommunikation gibt, die ich nicht beschreiben kann, weil sie jenseits von Worten liegt, die aber unbestreit
t. Ich würde also nicht von einem Kommunikationsproblem sprechen, es handelt sich vielmehr um unterschiedliche Kommunikationsformen. Und das OMNI kann eine Brücke sein zwischen unserer sehr wortzentrierten Kommunikationsform und Kommunikationsformen, die ohne Worte auskommen, aber deshalb nicht kindisch sind (auch ein Baby kommt ohne Worte aus, aber das ist etwas anderes).
Ich spiele Harfe, und für mich ist der körperliche Kontakt mit dem schwingenden Material unerlässlich. Ein Instrument, bei dem man den Klang nicht mit den Händen erzeugt, erscheint mir daher sehr distanziert. Ich verstehe zwar, dass man auf das OMNI steigen kann und dass es eine andere Beziehung zum Instrument gibt, aber ich frage mich, wie man auf diesen Kontakt mit dem schwingenden Klangkörper verzichten kann.
Die anderen Instrumente von Patrice Moullet sind anders. Das STI (Surface Triangulaire Inclinée) spielt man mit den Füßen, man muss bei jeder Note mit dem Fuß aufschlagen; und bei meinem Lieblingsinstrument, der Strech Machine, zieht man an den Saiten, sodass ein haptischer Effekt entsteht, es gibt einen Widerstand, und je stärker man zieht, desto größer ist der Widerstand – man spielt mit dem ganzen Körper. Der OMNI ist das einzige Instrument, bei dem es keine haptische Rückmeldung gibt. Es ist wie bei elektronischer Musik, mit derselben etwas vom Körper losgelösten Qualität. Was man auf den Bildern des OMNI jedoch nicht sieht, ist das Material der Tasten: Sie bestehen aus emailliertem Metall. Die Emaille fühlt sich wunderbar an – zunächst kühl und glatt, doch sie erwärmt sich sehr schnell unter den Fingern. Zwar gibt es weder eine Vibrationsrückmeldung noch das Gefühl, etwas einzudrücken, aber es ist dennoch körperlicher, als wenn man einfach nur auf Tasten auf einem Bildschirm tippen würde, denn das Material der Emaille spielt eine Rolle beim Spielvergnügen.
Wie ist der aktuelle Stand der Forschung zu OMNI?
Im Rahmen des Projekts „Fractales“ haben wir 2016 im „Maison des Metallos“ (Paris, 11. Arrondissement) eine erste Datenerhebung durchgeführt; dabei fanden zahlreiche Workshops mit Menschen mit Behinderung statt. Wir haben darauf geachtet, im Einklang mit den gesetzlichen Vorgaben zu handeln; darauf achte ich sehr genau, da es sich um äußerst sensible Daten handelt, nämlich um medizinische Diagnosen bei Minderjährigen oder Personen unter Vormundschaft. Diese Daten sind also nicht zur Veröffentlichung bestimmt, sondern sollen dazu dienen, die Durchführbarkeit des Projekts zu bewerten, um möglichst umweltfreundliche Protokolle zu erstellen. Nun gilt es, Kooperationspartner zu finden, die die Förderanträge unterstützen und den Forschungsbereich über die Neuropsychologie hinaus erweitern können. Ich muss auf Menschen zugehen, die über das Know-how, das Wissen und die Fähigkeiten verfügen, die mir fehlen. Langfristig glaube ich, dass das OMNI dazu beitragen könnte, wichtige wissenschaftliche Fragen zu klären, insbesondere im Bereich der situierten Kognition. Ich sehe eine große Zukunft für das OMNI als wissenschaftliches Forschungsobjekt.
- Dawson, M., Soulières, I., Gernsbacher, M. A. & Mottron, L. „The Level and Nature of
Autistic Intelligence“. Psychol Sci 18, 657–662 (2007). - Russell, G. et al. Auswahlverzerrung hinsichtlich der intellektuellen Fähigkeiten in der Autismusforschung: eine Querschnitts-
e Übersicht und Metaanalyse. Mol Autism 10, 9 (2019).

